Comment soutenir la motivation et la concentration des enfants à l’heure des devoirs
À l’heure des devoirs et leçons à la maison, plusieurs parents me disent ressentir une certaine lourdeur : négociations, soupirs, manque d’entrain, difficulté à rester concentré. Et pourtant, ce n’est pas toujours un problème de volonté ou d’opposition.
Avant d’aller plus loin, j’ai envie de nuancer.
Si, à la maison, les leçons se passent déjà bien, que votre enfant est relativement motivé et que la routine fonctionne… on continue. Il n’y a rien à réparer quand ça va bien.
Quand la motivation faiblit : un petit ajustement peut aider
Les idées que je vous propose ici sont surtout utiles lorsque l’enfant est démotivé, qu’il perçoit encore les leçons comme : « Oh non… encore du travail, moi je veux jouer! ». Dans ces moments-là, s’ajuster un peu — sans tout bouleverser — peut suffire à relancer la motivation.
Certains enfants apprécieront d’ailleurs ce type de formule plus souvent. Parce qu’ils sont parfois plus jeunes, plus immatures ou simplement parce qu’après une journée bien remplie à l’école, le jeu et le mouvement prennent toute la place. Pour d’autres, le besoin est encore plus clair : ils sont des enfants qui ont besoin de bouger pour arriver à se concentrer.
Pourquoi le mouvement aide réellement à apprendre
Le saviez-vous? Dans le cerveau, le mouvement agit comme un petit pont qui active aussi l’attention. C’est exactement pour cette raison qu’on se sent souvent plus concentré après une séance de sport… ou même une simple marche.
C’est aussi pourquoi on recommande, à la maison comme à l’école, de ne pas restreindre complètement le mouvement, notamment chez les enfants ayant des difficultés d’attention. Quand un enfant bouge, il stimule inconsciemment son apprentissage par le mouvement. Son corps sait ce dont il a besoin.
À l’inverse, s’il est forcé de rester immobile trop longtemps, son attention peut s’éteindre malgré lui… et il partira dans la lune.
👉 Bouger, c’est parfois appuyer sur le bouton FOCUS.
Bien sûr, tous les contextes ne permettent pas de bouger librement. Il y a un climat à respecter et parfois d’autres personnes autour. Mais à la maison, à l’heure des devoirs et leçons, on peut se permettre plus de souplesse.
Et n’oublions pas ceci : il vaut souvent mieux accepter qu’un enfant qui a besoin de bouger prenne une courte pause pour se défouler, bouger et revenir ensuite vers les leçons, plutôt que de forcer jusqu’à l’épuisement.
Même chez les ados très sollicités par les études, une marche ou une période de mouvement lorsque l’attention baisse peut faire une réelle différence.
Voici maintenant 4 idées très simples, sans matériel complexe, à utiliser quand on sent que ça coince.
1. Les Post-it en mouvement
Une idée ludique et ultra adaptable.
- Faites écrire l’enfant sur des post-it, puis demandez-lui de se déplacer pour aller les coller : marcher, sauter, monter ou descendre un escalier, etc.
- Vous pouvez aussi écrire vous-même des réponses (additions, soustractions, tables de multiplication, divisions) sur des post-it collés au mur. Donnez une question et l’enfant doit se déplacer pour trouver la bonne réponse.
- Selon l’âge et le niveau : sons, lettres, nombres, formes, capitales de pays, mots en anglais, vocabulaire, etc.
Variante parcours : Placez des papiers au sol pour créer un petit parcours demandant de grands pas, de l’équilibre, des sauts ou la montée d’une marche à la fois. Sur chaque papier, on peut :
- lire un mot,
- répondre à une question quiz,
- réviser des verbes (ex. : aimer, 2e personne du pluriel), etc.
2. Le tableau effaçable, la fenêtre ou le mur
L’idée ici est de faire travailler l’enfant qui a besoin de bouger debout.
- Écrire sur une fenêtre avec des crayons effaçables
- Utiliser un tableau blanc
- Coller une grande feuille au mur avec du ruban à peinturer
Le simple fait d’être debout lui permet de se dégourdir, de se dandiner un peu et crée un sentiment de jeu plutôt qu’un cadre trop rigide.
3. Le ballon d’exercice (ou ses variantes)
L’enfant travaille à la table, mais assis sur un ballon d’exercice : il peut bondir légèrement, se balancer, trouver son équilibre. Utiliser un coussin gonflable Disc’O’Sit est aussi une option très intéressante pour la maison comme pour l’école!
Variante toute simple (sans ballon) :
- Travailler à genoux sur un coussin à la table du salon
- Ou, quand la température le permet, faire les devoirs et leçons à la maison dehors
Le simple fait de sortir du cadre « table à manger ou bureau » rend l’activité moins officielle et aide plusieurs enfants. Sur un coussin, l’enfant qui a besoin de bouger peut gigoter, se lever, changer de position… tout en restant engagé.
4. Le tapis au sol ou le trampoline
Peu importe la révision, on peut établir une petite entente avec l’enfant.
Par exemple, en 1re année, mon fils avait des mots à lire. En fin d’année, pour le motiver, on s’installait sur le trampoline :
- 5 mots lus = 5 sauts
- 10 mots lus = 10 sauts
C’était motivant, amusant et ça créait du lien… plutôt que de transformer les leçons en moment de bataille.
Bonus – Bouger pour mieux réguler les comportements au quotidien
On parle souvent du mouvement pour soutenir l’attention et l’apprentissage par le mouvement… mais son impact sur le comportement est tout aussi important.
Le soir, les fins de semaine ou durant les vacances, certaines familles sont moins portées vers l’activité physique ou le plein air — et c’est correct. Mais, très honnêtement, ça ne les aide souvent pas.
Les familles qui sont habituées à bouger le remarquent d’ailleurs tout de suite : lors des journées de pluie passées à l’intérieur, la différence est flagrante.
Pourquoi? Parce que l’intérieur signifie souvent :
- plus de proximité,
- des espaces plus restreints,
- plus de bruits,
- moins de possibilités de se dépenser.
Et tout ça crée presque automatiquement… plus de conflits et donc, plus de gestion de comportements.
La réalité, c’est que vous comme moi avons une certaine dose d’énergie à dépenser chaque jour. Si cette énergie ne se libère pas par le mouvement, elle va sortir autrement :
- excitation excessive,
- batailles entre frères et sœurs,
- provocation (ou du picossage, en bon québécois!),
- intolérance et impatience — autant chez les enfants que chez les parents.
Bref, l’énergie qui ne se dépense pas par le mouvement va nécessairement chercher une sortie. Et bien souvent, cette sortie passe par des comportements dérangeants… ou plus agressifs.
👉 Autrement dit, intégrer l’apprentissage par le mouvement au quotidien, c’est se rendre un immense service.
Pour vous, bougez à votre façon :
- un sport qui vous ressemble,
- un entraînement régulier, même court,
- une simple marche.
Pour les enfants, même principe :
- hop hop, dehors quand c’est possible,
- sinon à l’intérieur : on danse, on fait une séance de gentille bataille sur le lit, sac de boxe gonflable, vélo stationnaire, pirouettes, mini workout… peu importe, il faut que ça sorte 🙂
En activant leur corps de cette façon, vous soutenez non seulement de meilleurs comportements, mais aussi une meilleure capacité à suivre les consignes. Les hormones du bonheur font leur travail… exactement comme chez vous quand vous bougez aussi.
Bref, le mouvement a de magnifiques vertus.
⚠️ Petite nuance importante : comme le mouvement BOOSTE, on évite les activités trop stimulantes dans l’heure précédant le dodo. Sinon, l’endormissement risque d’être beaucoup plus difficile.
En résumé
Bouger pendant les leçons — et dans la vie quotidienne — n’a pas besoin d’être compliqué, structuré ou parfait. Ce sont de petites touches, ajustées selon vos besoins, pour remettre du plaisir, de la légèreté, de l’attention… et un meilleur climat familial au cœur du quotidien.
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